dimanche 3 juillet 2016

Eté 2013 Le Cercle Polaire avec "Arctic"


L'ancien site Metapassion 

Six mois de navigation, départ 2 mai Castelnaudary,  Canal du midi vers Bordeaux,
Ici le bateau avec son mat à Agen.
La dérive a du être légèrement baissée car elle ne passait pas sous certains ponts.
Une grosse semaine pour 67 écluses, parfois en solitaire, parfois pendant les deux weekends, avec une tribu de joyeux visiteurs.


A Bordeaux dans le carré, Olivier vient d'embarquer à l'improviste, ses premiers pas dans "sa" cuisine, nous resterons six mois ensemble...Je ne le connais pas encore mais Olivier avec sa gentillesse et sa patience va faire l 'unanimité auprès des visiteurs. Cette saison sera la sienne...



 C'est parti, Cyrille premier équipier sur le trajet Bordeaux - Lorient,  et qui travaille chez Dassault, vient de nous installer le pilote automatique... Nous ne sommes plus obligés de nous relayer à la barre. Contrairement au capitaine, mes deux compagnons sont ravis lorsque le bateau saute par-dessus les vagues et rigolent à chaque gerbe d'embruns, ils seront servis.
A part cette belle après midi devant lorient, les vents nous sont contraires et le resterons dans la Manche pour la semaine à venir. Pour cette raison nous choisissons d'emprunter le canal Saint Georges, c'est à dire le passage entre L'Irlande et l'Angleterre. 


Nous faisons une escale en Irlande à New Ross. A départ c'était pour rendre visite à l'un de mes amis Irlandais, John (teeshirt rouge est capitaine de ferry) qui est parfois mon voisin à Issel  en France.


Mais cette escale devient une escale technique car il nous faut réparer la dérive suite à une erreur de  construction. Le temps reste superbe pendant
quatre jours, nous travaillons d’arrache-dérive toute la journée et sommes invités le soir par nos amis dans les divers Pubs et clubs de la ville. Jean Paul notre danseur... émérite... le succès!






Comme dans tous les détroits, un très fort courant de marée balaye le passage entre l'Irlande et l’Écosse. Il faut savoir attendre dans des zones calmes, près du rivage ou derrière les îles puis foncer lorsque le flot est favorable.
J'aime les bras de mer et les passages entre les îles, les canaux par contre me semblent une prison pour un voilier tel que le mien. Mais Jean Paul et Olivier, mes équipiers, rêvent de pêcher le monstre du Lochness... Alors, Let's go pour the Caledonian Canal qui traverse le nord de l’Écosse.

Le canal Calédonien est confortable, bonne largeur  belles écluses et nul besoin d'enlever le mat.
C'est le printemps, immenses rhododendrons en fleurs. Au niveau du Loch Lochy et jusqu'aux écluses de port Augutus qui donnent accès au loch Ness, la végétation, le long du rivage est splendide et nous regrettons d'avoir si peu de temps.






Chaque soir le crépuscule s'allonge sensiblement et bientôt la lueur du jour deviendra constante. La nuit va disparaitre pour quelques mois, jusqu’à notre retour.











Nous sommes en retard, la météo, sans être méchante, n'est pas du tout coopérative. A force de voiles et de moteur nous faisons grimper la latitude. Des centaines de plateformes encombrent le tiers central de cette partie de l'océan. Nous zigzaguons entre les obstacles et les supply-ships.
Nous sommes sur une autre planète, pauvres dauphins. Tout ce tracas pour que les humains puissent s'entasser dans les embouteillages polluants sur les périphériques des grandes villes du sud!




Les montagne de la Norvège sortent de la grisaille. La neige couvre encore les crêtes. Du Nord au Sud du pays, les sommets forment une chaine régulière de pics et de pentes abruptes. Par beau temps on peut apercevoir quelques beaux glaciers.


Les fjords pénètrent comme des fissures qui serpentent et disparaissent vers l'intérieur.
La côte est bordée d'archipels de façon quasi continue, relativement à l'abri de la houle au moteur jours et nuits (si l'on peut dire car le soleil ne se couche plus) nous grignotons vers le nord le millier de kilomètres qui nous sépare de notre but, le port de Bodo


 "Arctic" est à pied d’œuvre, les premiers visiteurs embarquent, bateau complet, huit à bord.
Une petite brise nous accompagne à travers le golfe vers les Lototens.
Avec le soleil permanent, nos équipiers ont bien du mal à trouver le sommeil, ils sont venus pour voir le soleil, à MINUIT!

Ce n'est pas juste la faute aux les apéros et aux bains de minuit dans l'eau glacée, mais avec cette lumière extraordinaire, l'ambiance de mon équipe à bord frise le délire.
Un départ sous voile dans un vent musclé à trois heures du matin m'a laissé un souvenir impérissable, mon équipage en transe dansait et sautait  avec les vagues sur le pont. Par chance, personne n'est tombé à l"eau!



 Les Lofotens, c'est  cela. La baie de Rio,  le port de Sydney et la Patagonie, spectaculaires, peuvent aller gentiment se rhabiller. Ici, l'eau de l'arctique et le relief violent se mélangent dans la lumière douce.
L'émerveillement est garanti, en continu, car le spectacle n'est pas restreint à un lieu ou un autre. Nous avons au cours de la saison longé des centaines de kilomètres de côtes sans ressentir le déjà vu.


Arctic est bien le bateau idéal au Lofotens car, il "épouse" aussi le relief. Aussi bien les plages que les creux de rochers où il serait impensable d'amener un "vrai" voilier. Les aller-retours  à terre avec un équipage moyen de huit personnes et les communications boat-shore en sont grandement facilitées.
Encore et toujours soleil de minuit!



Les Lofotens et les Westeralens plus au Nord, sont un puzzle d'îles entrecoupées de canaux-fjords. Ceux ci permettent, suivant la météo, en passant d'un côté à l'autre sous le vent, de naviguer relativement à l'abri du gros temps et de la houle.  De nombreux ponts joignent les îles et le tirant d'air standard de ceux-ci est en général de vingt mètres, ce qui est parfait pour nos dix huit mètres.


La fréquentation est très faible, les quelques "voisins" rencontrés à terre, ou dans des canots, sont en général des norvégiens du Sud en vacances et ravis de la rencontre, heureux de nous renseigner sur le pays.
Depuis de siècle, l'histoire des Lofotens à été celle de la pêche à la morue. Ports et constructions sont le résultat de cette activité du passé. Les marinas n'existent que dans les plus grandes villes Tromso ou Bodo, rien à voir avec les parkings à bateaux de l'Europe du Sud.


Voici un vent adverse. détail de carte, quelques kilomètres carrés, qui permet de se rendre compte de la multitude et de la complexité des archipels qui bordent la Norvège sur plus de mille kilomètres. Un dédale qui est souvent le bienvenus, il permet de s'abriter et en choisissant sa route et parfois de progresser un peu malgré le vent adverse.






Les bordées d'équipiers se succèdent mais l'émerveillement et le plaisir d'être ensemble sur Arctic est constant. Je pense que le confort du bateau et l'humour inaltérable d'Olivier y sont pour quelque chose. Il n'y guère besoin de donner des ordres, tous se précipitent pour les manœuvres, le poisson pêché arrive en filets, tous volontaires pour la cuisine, la vaisselle... et même l'apéro!

 A notre arrivée aux Lofotens, nos techniques de pêche n'étaient pas au point mais Olivier est très patient, Anne Flore est bretonne... peu a peu nous apprenons. Cinquante mètres de profondeur pour la morue, trois ou quatre pour les lieux noirs, les maquereaux dans les passages étroits. Maintenant nous devons arrêter les pêcheurs dès que le seau est plein.
Nos poissons sont toujours très frais, notre cuisinier-pêcheur a travaillé aussi dans une Sushi-shop, dans une pirogue polynésienne... le capitaine brandade et équipiers papillotent.









Quelques centaines de kilomètres au delà du cercle polaire, avec la proximité du Maelstrom, le plus fort courant du monde (que nous avons traversé calmement), certains tels le Capitaine Nemo, réalisent enfin le rêve de leur vie: La maitrise des océans!






L'heureux grand père avec la famille de Sébastien, le fils ainé. Cette belle équipe va accompagner le bateau pour le voyage retour.
Sébastien, Ruth, Chloé et Tristan sont des baroudeurs confirmés. Ils connaissent les vagues et le mauvais temps, sont capables de débarquer dans les pires conditions et marcher indéfiniment... Leur présence à bord change la mise, l'aventure et la science vingt quatre heures sur vingt quatre. Géologie, archéologie, photographie, ornithologie, dessin. Tous passionnés, toujours émerveillés et à l'aise sur le bateau avec les manœuvres, la navigation, la pêche, la cuisine avec Olivier qui est ravi (la photo est de lui, notez les sourires) et même les bains dans l'eau glacée.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire